Que s'est-il passénavec le Coran

Le Coran au temps du prophète :

 La tradition orale :

Du vivant même du Prophète, au fur et à mesure de sa révélation, le Coran est conservé dans les mémoires des hommes et récité chaque jour dans les 5 prières obligatoires. plusieurs compagnons apprenaient la révélation par coeur et l'enseignaient. Certes, la tradition orale a joué un grand rôle dans la préservation du Coran, mais le Coran fut également écrit dès l'époque du prophète Muhammad ...

L'écriture du coran au temps du prophète :

Dès qu'il recevait une révélation, le prophète la mémorisait, d'abord, en présence de l'ange Jibrîl (Gabriel), puis il en faisait, tout de suite, part aux compagnons dont beaucoup se penchaient sur sa mémorisation. Il faisait appel à des scribes (29 compagnons s'était relayés sur cette tâche) pour leur dicter la nouvelle révélation. Il leur demandait, enfin, de lire ce qu'ils avaient noté, afin de corriger les fautes éventuelles de ces copistes.

Le coran fut écrit et préservé sous diverses formes. Uthman (Othman), le troisième calife qui justement est à l'origine des copies coraniques que l'on prétend être les premières traces écrites du Coran, racontait : "Lorsque plusieurs versets étaient révélés au Prophète, celui-ci appelait des personnes sachant écrire et leur disait : "Placez ces versets dans telle sourate, celle où sont mentionnés tels et tels sujets". Et lorsqu'un verset lui était révélé, il leur disait : "Placez ce verset dans telle sourate, dans laquelle sont mentionnés tels et tels sujets"" (rapporté par Abû Dâoûd et At-Tirmidhî, authentifié par Ibn Hibbân : cf. Fat'h ul-bârî , tome 9 p. 29)

 

Le Coran à l'époque du premier Calife Abou Bakr (632-634/11-13 H.)

Dans les 2 ans qui suivent la mort du Prophète, le recensement de l'intégralité du texte coranique a été effectué sous le premier calife Abû Bakr (632-634). Celui-ci, conseillé par Umar qu'effraie la mort de nombreux compagnons connaissant le Coran par coeur lors des "Houroûb ar-ridda" (batailles de l'anathème) qui avait éclaté dès le début du règne du calife Abou Bakr .

Le Calife confia donc la tâche à un jeune compagnon Zayd ben Thâbit qui était, à la fois, l'un des scribes et l'un de ceux qui avaient mémorisé le Coran en entier. Il lui fixa également la méthode de travail suivante :

  • Vérifier, pour chaque document écrit, s'il a été bel et bien écrit en présence du Prophète (PSL). Et ce en demandant la confirmation de deux témoins oculaires. Faute de quoi, le document ne peut être retenu comme base pour le recopiage du Coran.
  • Confronter l'écrit, reconnu valable, avec la mémorisation de ceux qui connaissaient le mieux le Coran par cœur.

Un an plus tard, environ, Zayd remis le fruit de son travail au Calife. Une copie assemblée sur des feuillets (sahifa).


C'est donc ici, dans les 2 ans qui suivent la mort du Prophète (et non 15 ou 20 ans après), sous le califat de Abû Bakr, que le texte coranique est rédigé dans son intégralité dans une même copie (il s'agit de l'ensemble des feuillets).

La copie va être gardée par les califes successifs (Abou Bakr, puis 'Omar), qui sont confiés à la garde de Abû Bakr lui-même. Après la mort de ce dernier, le deuxième calife, Umar (634-644) les reçoit. Après sa mort, ils sont confiés à sa fille Hafsa, veuve du Prophète.

(Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, n° 4701. Voir également Fath ul-bârî tome 9 pp. 19-20, et Al-Itqân , pp. 184-185.)

 

Le Coran à l'époque du 3ème Calife 'Othmâne (643-655/23-35 H.)

Sous le califat de Uthman, troisième calife (644-656), le territoire musulman s'est considérablement agrandi et les convertis de chaque région ont appris des passages du Coran auprès du ou des Sahaba (compagnons du prophète Muhammad ) installés chez eux.

De nouveaux problèmes surgissent,  il existe des variantes de prononciations entre les lectures des différents Sahaba, car la lecture du Coran leur a été ainsi enseignée par le Prophète  lui- même.

Le calife Uthmân décide alors d'officialiser un type unique d'écriture du texte coranique et d'établir une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres. Il décida de charger une commission de quatre membres, présidée par Zayd ibn Thâbit, de reproduire plusieurs exemplaires de la copie gardée jusque-là par Hafsa en y intégrant les différentes variantes de lecture. Chaque exemplaire fût envoyé à une province, accompagné d'un enseignant, parmi les Sahaba, connaissant le Coran par cœur. Et cela se passait en l'an 25 de l'hégire, soit 15 ans (et non 20 ans) après la mort du Prophète (sur lui la paix).

Ceci fait, et afin d'éviter toute éventualité de divergence ou de confusion ultérieure, il ordonna à tous les détenteurs de copies personnelles (complètes ou partielles) du Coran de les détruire.

Les copies du Coran écrites de nos jours suivent toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette écriture des copies d'Uthman, écriture justement nommée "ar-rasm al-uthmanî".

(Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, n° 4702.)

Evolution de l'écriture du Coran.

L'orthographe des copies du Coran faites par la commission présidée par Zeyd ibnou Thabit à la demande du Calife Othmane, ne présentait, rappelons-le, aucun signe diacritique ni symbole de voyelles.

Dès le premier siècle de l'hégire (7ème siècle de l'ère chrétienne), Et Afin de rendre la récitation des copies coraniques plus facile, d'autant plus qu'on assiste à la conversion à l'islam de nouvelles populations, non-arabophones, qui ne peuvent pas réciter un texte arabe non vocalisé. Des signes diacritiques (points distinguant des lettres) et des symboles de voyelles ont été introduits. Cette amélioration a été faite par étapes successives. Malgré l'intérêt et la nécessité de cette œuvre elle ne s'est pas faite sans hésitation. Car des savants débattirent jusqu'au du 4ème siècle de l'Hégire (9ème siècle de l'ère chrétienne) au sujet de sa légalité. Certains y voyaient une forme d'hérésie (Bid'a) !  Avec le temps, cette crainte de "déformer" le Coran par l'introduction des signes diacritiques fût dépassée par une autre crainte que des gens finissent par réciter le Coran d'une manière erronée faute de signes.

Il est à remarquer que toutes ces améliorations avaient connu, au début, le rejet de certains savants, puis leur utilité d'une part et l'absence de risque par rapport au texte coranique d'autre part les ont rendus unanimement admises

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