Le début de la révélation

Ce fut là, pendant une nuit du mois de Ramadan, à l'âge de 40 ans, que le Très-Haut appela Muhammad à son service. Cette nuit-là, connue sous le nom de Laylat Al-Qadr, « La nuit du Décret », l'esprit de Vérité descendit avec le décret de Dieu et une lumière pour l'humanité : le Coran. Un chapitre nouveau pour le monde allait commencer.

La Grotte

La lune blanche décroissante brillait dans le ciel quand, soudainement, Muhammad perçut une présence. Dans le silence de la nuit une voix se fit entendre: « Lis! » Muhammad était bouleversé. « Je ne sais pas lire », répondit-il. Lorsque la voix répéta l'ordre, c'était comme si la terre s'était mise à trembler : « Lis ! » - « Je ne sais pas lire » Il se sentit paralysé de peur, incapable de bouger. « Lis ! », répéta l'impressionnante voix. « Que dois-je lire ? » Puis, soudainement, il se sentit libéré ; le temps et l'espace étaient comme suspendus, les cieux et la terre réunis. Paix - à l'instant où l'humanité se trouvait au seuil d'une aube nouvelle.!

"Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé,

qui a créé l'homme d'une adhérence.

Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble,

qui a enseigné par la plume [le calame],

a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas." [Sourate 96, Al-Alaq , 1-5]

Ce furent les cinq premiers merveilleux versets du glorieux Coran. La voix était celle de l'Ange Gabriel, l'esprit de Foi et de Vérité, qui fut envoyé au dernier des prophètes de Dieu . La mission de Muhammad venait de commencer, le Messager de Dieu, une bénédiction pour les Mondes.

Retour chez lui

Le Prophète Muhammad venait de recevoir les premiers mots de son Seigneur sur le mont Hira. Il dévala la montagne, le visage luisant de sueur, le cœur battant à tout rompre. Les versets du Coran faisaient encore écho en son âme. Quel avait été ce type de vision, quels mots avaient donc été prononcés ? Il courut vers Khadija cri s'exclamant : « Couvre-moi ! Couvre-moi ! » Elle le réconforta tendrement tandis qu'il racontait ce qui venait de lui arriver. « je crains qu'un mal ne m'atteigne ! » dit-il. « jamais, par Dieu », lui répondit sa femme avec foi, « Dieu ne te voudra jamais de mal. Tu as de bonnes relations avec ta famille, tu aides le pauvre et le nécessiteux, tu accueilles tes invités (généreusement et tu assistes les malheureux qui le méritent »

Demande d'explication à Waraqa, savant des gens du Livre

Khadîja emmena Muhammad chez Waraqa Ben Nawfal Ben 'Asad Ben 'Abdal-'Uzzâ Cet homme, qui était le cousin paternel de Khadîja, avait embrassé le christianisme aux temps antéislamiques. Il savait l'arabe par écrit, et avait traduit vers l'arabe des passages de l'Evangile autant qu'Allah avait voulu. A cette époque, il était âgé et était devenu aveugle: "O mon cousin, lui dit Khadîja, écoute ce que va te dire le fils de ton frère". - "O fils de mon frère!, répondit Waraqa Ben Nawfal, de quoi s'agit-il?". Le Prophète (PSL) lui raconta alors ce qu'il avait vu. "C'est l'archange, dit Waraqa Ben Nawfal, qu'Allah a envoyé autrefois à Moïse (Mûsa) (PSL). Plût à Allah que je fusse jeune en ce moment! Ah! Comme je voudrais être encore vivant à l'époque où tes concitoyens te banniront!". - "Ils m'exileront donc?", s'écria le Prophète (PSL). - "Oui, reprit Waraqa Jamais un homme n'a apporté ce que tu apportes sans être persécuté! Si je vis encore en ce jour-là, je t'aiderai de toutes mes forces". (Mouslim n° 231)

Le début de son prêche en publique

D'après Ben 'Abbâs (Ra): Lorsque fut révélé ce verset: « Et avertis les gens qui te sont les plus proches » le Prophète (PSL) se dirigea vers le mont As-Safâ et l'escalade, puis poussa un cri d'avertissement. Les gens se demandèrent alors qui appelait ainsi. Connaissant que c'était Muhammad, ils allèrent le retrouver.
- Hé! les Banû untel! Hé! les Banû untel! Hé! les Banû untel! Hé les Banû 'Abd Manâf! Hé! les Banû 'Abd Al-Muttalib. Quand ils s'étaient tous assemblés, le Prophète leur dit: "Eh bien! Figurez-vous que je vous annonce qu'il y a au pied de cette montagne des cavaliers qui veulent vous attaquer, me croiriez-vous?".
- "Certes oui, répondirent-ils, car, tu n'as jamais menti".
- "Eh bien! reprit-il, je vous avertis que vous êtes menacés d'un châtiment terrible".
- "Que tu périsses!, s'écria Abou Lahab, est-ce pour cela que tu nous as rassemblés?".
C'est alors que fut révélé ce verset: {Que périssent les deux mains de Abou Lahab}, et en fait, il périt. (Mouslim n° 307)

D'après Abou Hourayra (Ra), lorsque fut révélé ce verset: {Et avertis les gens qui te sont les plus proches}. l'Envoyé d'Allah (Ra) appela les Qoraychites à se réunir. Allant du général au particulier, il s'adressa à eux en ces termes: "O Banû Ka'b Ben Lu'ay, sauvez-vous du Feu; O Banû Murra Ben Ka'b, sauvez-vous du Feu; O Banû 'Abd Chams, sauvez-vous du Feu; O Banû 'Abd Manâf, sauvez-vous du Feu; O Banû Hâchim, sauvez-vous du Feu; O Banû 'Abd Al-Muttalib, sauvez-vous du Feu; O Fâtima, sauve-toi du Feu. Car je ne puis rien pour vous tous auprès d'Allah sinon que le maintien de nos liens de parenté que je maintiendrai". (Mouslim n° 303)

Le rejet

Les gens de la Mecque entendirent ces paroles nouvelles les appelant à se soumettre à Dieu , à entrer dans l'islam. Mais les divisions apparurent bientôt. Beaucoup rejetèrent l'aveuglante vérité. Après de nombreuses années de reconnaissance de sa gentillesse et de sa piété, ils commencèrent à l'insulter, à le ridiculiser, et même à le traiter de fou. Malgré cela, jamais Muhammad ne répondit à l'insulte par l'insulte. Il avait l'habitude de dire :

« Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier doit être bon avec ses invités. Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier doit honorer son voisin. Celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement Dernier doit dire le bien ou se taire. »

Rien ne l'arrêtait. Il continuait patiemment à inviter ses concitoyens au premier pilier de l'islam : qu'il n'y a de dieu que Dieu et qu'il en était le Messager.

Plus il appelait son peuple à se soumettre au Dieu unique, plus les chefs des différentes tribus enrageaient : « Quoi, dirent-ils, il a fait de tous nos dieux un Dieu unique ? C'est une chose bien étrange. » Ce qui les surprenait le plus était que ces nouveaux mots miraculeux - les versets du Coran - provenaient d'un homme qu'ils savaient être illettré. Jamais Muhammad n'avait appris à lire ni à écrire, peu d'Arabes en étaient capables à l'époque. Alors comment ces mots, à nul autre pareils quant â leur beauté et à leur agencement, pouvaient-ils sortir de sa bouche ?

Les chefs de Quraïsh, la tribu la plus influente de la Mecque, devinrent de plus en plus excédés. Lors de l'une de leur réunion, ils décidèrent de demander à Abû Talib, l'oncle et le protecteur du Prophète, d'essayer de stopper Muhammad dans sa mission consistant à appeler les gens à se départir des coutumes et de la religion de leurs pères.

Lorsque Muhammad entendit cela, il fut très ému car il éprouvait beaucoup d'amour et d'affection pour son oncle, mais sa réponse fut sereine et calme : « Par Dieu ! S'ils plaçaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, je n'abandonnerais jamais ma mission jusqu'à ce que Dieu me donne la victoire ou jusqu'à ma mort. »

Lentement, un par un, le nombre des musulmans augmentait, guidés par le Prophète bien-aimé. Le premier groupe de croyants suivit le chemin de la vérité et de la soumission. Leur amour de la Vérité resplendissait, illuminant la pâle société païenne de cette époque. La recherche des biens matériels - principal objectif et objet de toutes les ambitions ici-bas - avait été substituée par la recherche de la lumière et de la sagesse éternelles. « Quiconque recherche le chemin de la connaissance, Dieu lui facilitera le chemin du Paradis" », dit le Prophète.

Les musulmans furent l'objet de persécutions dès les premiers temps de l'Islam. Ceux qui étaient pauvres, ceux qui avaient peu de moyens et pas de statut social souffrirent le plus cruellement. On riait et on se moquait d'eux, et quand cela ne suffisait pas, les non croyants avaient même recours à des attaques et à des tortures physiques. On leur jetait des pierres ou des ordures. Quelques centaines de musulmans réussirent à quitter la Mecque, abandonnant leur maison, cherchant refuge en Abyssinie voisine, terre chrétienne.

Ceux qui restèrent, subirent des persécutions de plus en plus violentes. Bilal , un esclave noir d'Abyssinie qui s'était converti à l'islam, fut ligoté sur le sable brûlant sur l'ordre de son maître, tandis qu'on plaçait d'énormes pierres sur sa poitrine. « Où est ton Dieu, maintenant ? » lui demandèrent-ils, en se moquant de lui. Mais aucune torture ne pouvait ébranler sa foi. Jamais les croyants ne renonceraient à l'islam. 

Le boycott

Une nouvelle tactique fut mise en place par les chefs de la Mecque. Le Prophète et ses Compagnons furent chassés et contraints de vivre dans un endroit isolé de la ville. Aucune provision ne leur parvenait et ils eurent à souffrir de la faim et de la soif durant de longues périodes, ne mangeant presque rien pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Cet embargo commença pendant la septième année de la Révélation et il dura trois ans. Néanmoins, grâce à Dieu , quelques personnes de bonne volonté parmi les persécuteurs ne purent supporter davantage cette pratique inhumaine. La situation se modifia quelque peu et le ban fut finalement levé.

La scission de la lune

Allah a dit: « L'Heure approche et la lune s'est fendue. 2. Et s'ils voient un prodige, ils s'en détournent et disent : “Une magie persistante”. » [Coran 54 :1-2]

Parmi les compagnons du Prophète qui ont narré le récit de ce miracle, on trouve `Ali ainsi qu'Ibn Mas`ûd, Ibn `Omar, Jubayr Ibn Mot`am, Anas Ibn Mâlik, `Abdullâh Ibn `Abbâs, Hudhayfah Ibn Al-Yamân et bien d'autres.

Un jour, les Mecquois demandèrent au Prophète de leur prouver qu'il était bien un prophète. Ceci eut lieu cinq ans avant l'Hégire en présence de Al-Walîd Ibn Al-Mughîrah, Abû Jahl, Al-`Âs Ibn Wâël, Al-Aswad Ibn Al-Muttaleb, An-Nadr Ibn Al-Hârith et d'autres païens de la Mecque. Ils dirent au Prophète : "Si ce que tu dis est vrai (i.e. que tu es un Prophète de Dieu), alors scinde la lune en deux moitiés !" Alors le Prophète s'est adressé à Dieu afin qu'il lui octroie ce qu'ils avaient demandé. Et la lune se coupa en deux moitiés, l'une en amont de la montagne et l'autre en aval ! Et le Prophète d'appeler des témoins pour attester de ce miracle. Ce phénomène se produisit le 14ème jour du mois lunaire, jour de la pleine lune, et dura autant de temps qu'il y a entre l'après-midi et la nuit". Quand la lune se fendit, les païens dirent : " Mohammad nous a ensorcelés." Alors, l'un d'entre eux, qui n'était autre que Abû Jahl, dit : "S'il nous a ensorcelés, il ne peut pas ensorceler le monde entier. Interrogez donc les voyageurs qui viennent d'autres contrées : s'ils ont vu ce que vous avez vu, alors Mohammad aura fait ses preuves et sinon, ce que vous avez vu n'est autre que de la magie." Les Mecquois suivirent ce conseil avisé et mais tous les voyageurs en provenance à la Mecque ne firent que corroborer le récit de ce miracle. Les Mecquois dirent alors : "Ceci est une magie persistante!".

La deuxième émigration en Abyssinie

Les Qouraychites s'acharnèrent sur les émigrants et les autres musulmans que leurs propres clans tribaux attaquaient aussi. Il leur était difficile d'admettre la nouvelle selon laquelle Négus (Najachi) avait bien reçu et traité les émigrants. Face à cette situation, le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) ne put s'empêcher de demander à ses compagnons de retourner en Abyssinie. Cette deuxième émigration était plus dure que la première car les Qouraychites s'y attendaient et tenaient à la faire échouer. Cependant les musulmans étaient plus rapides. Allah leur ayant facilité le voyage, ils parvinrent en Abyssinie avant de se faire rattraper. Cette fois la délégation comportait 83 hommes si l'on compte 'Ammâr (dont on doute de l'émigration) et 18 ou 19 femmes.

Le complot des Qouraychites contre les musulmans émigrés en Abyssinie

Les associateurs tenaient coûte que coûte à empêcher les émigrés de trouver un refuge pour eux-mêmes et pour leur religion. Aussi, choisirent-ils deux hommes robustes et intelligents à savoir 'Amr Ben Al'As et 'Abdoullah Ben Abi Rabî'a avant leur conversion à l'Islam qu'ils envoyèrent, chargés des cadeaux les plus précieux, auprès du Négus et de ses patriarches. Les deux hommes, munis des cadeaux, arrivèrent chez les patriarches auxquels ils fournirent des arguments en faveur de l'expulsion des musulmans et, après que ceux-ci furent d'accord de proposer au Négus de les expulser, ils rencontrèrent le Négus même à qui ils offrirent les cadeaux et parlèrent en ces termes:

«Ô Roi! Il se réfugie dans votre pays de jeunes stupides qui, ayant quitté la religion de leur peuple, n'ont pas pour autant embrassé la vôtre. Ils ont apporté une religion qu'ils ont créée de toutes pièces et que personne ne connaît, ni nous, ni vous-mêmes. Aussi, avons-nous été dépêchés auprès de vous par les nobles de leur peuple, par leurs pères, leurs oncles et leurs clans qui vous demandent de les leur rendre, car ils veillent sur eux mieux que quiconque et savent mieux que quiconque ce qu'ils ont eu à leur reprocher».

Les patriarches dirent: «Effectivement! Sire! Rends-les leur! Qu'ils retournent avec dans leur pays et auprès de leur peuple!».

Le Négus, malgré tout tenait à examiner la question et à écouter toutes les parties. Il envoya donc chercher les musulmans qui, ensuite, se présentèrent, prêts à dire la vérité sous toutes ses formes. Le Négus leur dit:

«Quelle est donc cette religion pour laquelle vous vous séparez de votre peuple, sans embrasser la mienne, ni aucune des autres religions?».

Ja'far Ben Abi Tâlib, le porte-parole des musulmans dit: «Sire! Nous faisions partie des gens de l'ignorance et comme eux, adorions les idoles, mangions de la charogne pratiquions la fornication, rompions les liens de parenté et maltraitions nos voisins. Les plus forts parmi nous se nourrissaient des plus faibles. Nous ne cessions de vivre de la sorte jusqu'au jour où Allah nous envoya un Messager qu'il choisit parmi nous, un Messager dont nous connaissons la généalogie, la franchise, l'honnêteté et la chasteté, qui nous appela à Allah que nous devons adorer et considérer comme Dieu unique, nous départissant de tout ce que nous adorions d'autre que Lui, nous et nos ancêtres, comme pierres et idoles. Il nous ordonna le franc parler, la restitution des choses confiées, le culte de la parenté, le bon voisinage, l'abstention des choses interdites et de l'effusion du sang. Il nous interdit la fornication, le mensonge, l'abus des biens des orphelins, l'accusation des femmes chastes et vertueuses, nous ordonnant d'adorer Allah, Lui Seul, sans L'associer à rien ni à personne, de prier, de s'acquitter de la Zakât (purification des biens) et d'observer le jeûne. Sur ces bases, nous avons cru en lui et en sa mission, nous l'avons suivi dans la pratique de la religion qu'il nous a apportée.

Aussi, avons-nous adoré Allah Lui Seul, sans l'associer à rien d'autre, avons considéré comme illicite ce qu'on nous a interdit et comme licite ce qu'on nous a ordonné. Alors notre peuple nous a indexés, torturés, tourmentés à cause de notre religion, cherchant à nous ramener à l'adoration des idoles au lieu d'Allah le Très Haut, aux perversités que, jadis, nous considérions comme licites. Lorsqu'ils nous eurent contraints maltraités et traqués, ne nous laissant aucune chance de pratiquer notre religion, nous fuyons vers votre pays car, nous vous avons choisi à l'exclusion des autres, pour être sous votre protection et nous espérons, Sire, qu'auprès de vous, nous ne subirons aucune forme d'injustice».

Le Négus dit alors: «Peux-tu me dire tant soit peu de ce qu'Allah a révélé?»
«Oui» répondit Ja'far.
Le Négus lui dit: «Alors, récite le moi».
Ja'far commença par «Kâf Ha, Ya, 'Aïn Sâd»; le début de la sourate Mariam (Marie).
Ma foi, le Négus pleura alors, à se mouiller la barbe. Ses évêques pleurèrent aussi à mouiller leurs livres lorsqu'ils eurent entendu la sourate.
Le Négus dit ensuite aux évêques: «Il ne fait pas de doute que ceci et ce que Mousâ avait apporté sortent de la même niche».
Se retournant vers les deux émissaires il dit: «Allez vous-en! je ne vous les livrerai pas. Ils sont sous ma protection».
'Amr ibn al 'As et son compagnon sortirent, mais le premier dit au second: «Je jure sur Allah que demain je reviendrai avec de quoi les faire expulser».
'Abdoullah Ben Rabîa s'adressa à lui en ces termes: «Ne le fais pas. Ce sont des parents, même s'ils nous ont contrariés ».
Cependant 'Amr ibn al 'As persista dans sa démarche et, le lendemain dit au Négus: «Ils disent des choses étranges de ‘Isâ le fils de Marie».
Celui-ci envoya chez les musulmans leur demander ce qu'ils pouvaient bien dire au sujet du Messie. Les musulmans paniquèrent mais s'entendirent entre eux pour ne dire que la vérité. Dès leur arrivée, à la cour, le Négus les interrogea et, alors, Ja'far répondit: «Nous disons de lui ce que nous a apporté notre Prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) à savoir qu'il est le serviteur, le messager, l'esprit et la parole d'Allah insufflé à la vierge Marie».
Le Négus ramassa un bâton à terre et dit: «Ce que tu viens de dire ne dépasse la vérité sur 'Isâ ibn Mariam que de la longueur de ce bâton».
«Si!» ajouta-t-il, voyant que ses patriarches faisaient la moue. il dit aux musulmans: «Allez! vous êtes en sécurité sur ma terre, quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera une amende. Je n'aimerais pas avoir une montagne d'or si je devais l'obtenir en portant préjudice à l'un d'entre vous».
Il dit ensuite à son entourage: «Rendez-leur leurs cadeaux. Je n'en ai pas besoin. Je jure qu'Allah n'avait pas reçu de moi des pots de vin en me rendant mon royaume. Pourquoi donc y prendrais-je des pots de vin? J'obéirai à la volonté des gens aussi longtemps que ceux-ci obéiront à ma volonté».
Oumm Salamah qui racontait cette histoire dit: «Les deux émissaires sortirent renfrognés avec tout ce qu'ils avaient apporté. Nous, nous fûmes bien logés et traités». (Ben Ishâq)

Certains mentionnèrent que l'envoi de 'Amr ibn al 'As chez le Négus eut bien lieu après la bataille de Badr. D'autres soutiennent que l'envoi auprès de ce Négus eut lieu deux fois mais que les questions et les réponses rapportées entre lui et Ja'far lors de la première émigration étaient presque les mêmes que les questions et réponses mentionnées par Ben Ishâq. Après tout le contenu des questions formulées montre bien qu'il s'agissait là de la première plainte adressée au Négus.

La mort de son oncle Abou Tâlib

Le Prophète (PSL) continu de le prêcher à l'Islam jusqu'aux derniers instants de sa vie 

Al-Musayyab ibn Hazn (Ra) a dit: "Au moment où Abou Tâlib était à l'article de la mort, l'Envoyé d'Allah (PSL) vint le voir et trouva chez lui Abou Jahl et 'Abd-Allah Ben 'Abî 'Umayya Ben Al-Mughîra. L'Envoyé d'Allah s'adressa à Abou Tâlib en disant: "O mon oncle, Atteste qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah. C'est là un mot dont je serai témoin en ta faveur auprès d'Allah". Aussitôt Abou Jahl et 'Abd-Allah Ben 'Abî 'Umayya s'écrièrent: "O Abou Tâlib Vas-tu renier la foi de 'Abd Al-Muttalib?"
L'Envoyé d'Allah ne cessa de lui proposer de prononcer la profession de foi en répétant les mêmes mots, (tandis que les deux autres lui répétaient les mêmes propos). Mais, les dernières paroles de Abou Tâlib furent qu'il persistait dans la foi de 'Abd Al-Muttalib en refusant d'attester qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah.
- "Par Dieu!, s'écria l'Envoyé d'Allah (PSL), je demanderai à Allah de te pardonner, tant que cela ne me soit pas défendu". Ce fut à cette occasion qu'Allah, le Très-Haut, révéla ce verset: {Il n'appartient pas au Prophète et aux Croyants d'implorer le pardon en faveur des polythéistes, fussent-ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer}. Ensuite, Allah, le Très-Haut, révéla au sujet de Abou Tâlib, en s'adressant à l'Envoyé d'Allah ce verset: {Tu (Muhammad) ne diriges pas celui que tu aimes: mais c'est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés}. (Mouslim n°35)

Le Prophète (PSL) demande à 'Ali (Ra) de l'enterrer

'Alî ibn Tâlib (Ra) a dit : « J'ai dit au Prophète (PSL): "ton vieil oncle égaré (c'est-à-dire son propre père, Abû Tâlib) vient de mourir. Qui va l'enterrer ?"
- "va enterrer ton père".
- "Je ne l'enterrerai pas puisqu'il est mort idolâtre".
- "Va l'enterrer. Et puis ne fais rien d'autre avant de retourner auprès de moi".
- "Je suis allé l'enterrer. Ensuite je suis retourné auprès de lui avec des traces de sable sur moi. Il me dit d'aller me laver et a fait pour moi des prières qui me sont plus précieuses que tout ce qu'il y a sur la terre". (Silsila as-Sahîha de Al-Albâni, n° 161)

Le voyage du Prophète (PSL) à Tâif

Au mois de Chawwâl de l'an 10 de la prophétie (fin mai ou début juin 619 G), le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui), en compagnie de son esclave affranchi Zayd Ben Hârithah et marchant à pieds aller et retour, se rendit à Tâif, localité située à environ 111 km de la Mecque. Il appelait à l'Islam les tribus qu'il croisait sur son chemin mais aucune ne lui répondit. Arrivé à Tâif, il choisit trois frères parmi les chefs de la tribu des Tâifiens à savoir Abd Yâlil, Masaoud et Habib les trois enfants de Amr Ben Omair Ath-Thakafi. il s'installa parmi eux, les appela à Allah et à assister l'Islam. Le premier dit qu'il allait déchirer le voile de la Kaaba si Allah l'avait envoyé. Le deuxième dit: «Allah n'a-t-il pas trouvé un autre messager que toi?». Le troisième dit: «Par Allah, je ne te parlerai jamais. Si tu étais un Messager tu n'aurais pas besoin que je te réponde par la parole. Si tu mentais contre Allah, il ne conviendrait pas que je te parle». Sur ces mots, le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) se leva et leur dit: «Puisque vous refusez, taisez-vous à mon sujet».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) séjourna pendant dix jours parmi les gens de Tâif. Au cours d'une telle période, son appel n'épargna aucun des notables de la localité.

Ceux-ci lui répondirent: «Sors de notre pays!». Ils incitèrent contre lui les sots et les stupides. Au moment où le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) allait sortir, les sots et les esclaves le suivirent, l'injuriant et lui criant dessus au point d'ameuter les gens autour de lui. Organisés en deux rangs, ils se mirent tous à lui jeter des pierres et à lui adresser des grossièretés. Ils lui jetèrent des pierres aux tendons au point que ses chaussures fussent teintées de sang. Zayd ibn Hârithha s'offrait en bouclier pour le protéger mais fut blessé à la tête. Les sots et les stupides ne cessèrent de le suivre et de l'acculer au point de le contraindre à aller vers un jardin appartenant à Otba et à Chayba les deux enfants de Rabîa à 5,5 km de Tâif. Après que le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) se fût réfugié dans ce jardin, les gens s'en retournèrent. Alors, il alla jusqu'à un cep de vigne et s'asseyait à son ombre, adossé à un mur.

C'est là qu'il fit, après avoir retrouvé son calme, sa célèbre invocation qui dénotait que son coeur était rempli de tristesse pour la violence déjà subie et aussi de regret que personne ne crût au message. Il dit:

«Seigneur! Je me plains auprès de toi de ma faiblesse, de mon impuissance et du mépris que j'inspire aux gens.

O Toi, le plus Clément des Cléments! Tu es le Seigneur des affaiblis. Tu es mon Seigneur.

A qui me confies-tu?

Est-ce à ceux qui me détestent?

Ou bien me laisses-Tu avec mes ennemis?

Tout cela importe peu, si je ne m'attire pas Ta colère car, pour moi, Ton salut est plus vaste que tout.

Je cherche refuge auprès de la lumière de Ton visage par laquelle Tu dissipes les ténèbres et redresse qualitativement les affaires de ce monde et celles de l'au-delà, contre toute décharge de Ta colère sur moi.

Je ne cherche qu'à te satisfaire et il n'y a ni force ni puissance si ce n'est en Toi».

Lorsque les deux enfants de Rabîa le virent, ils le prirent en pitié. Aussi appelèrent-ils un garçon à eux, un chrétien nommé Addâs et lui dirent: «Prends de ce cep une grappe de raisins que tu porteras à cet homme»

Addâs s'exécuta. Il posa la grappe. Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui), qui, tendant alors la main dit: « au nom d'Allah» avant de manger.

Le garçon dit: «Les gens de ce pays ne prononcent pas une telle parole».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) dit: «Et toi, de quel pays viens tu?».

Addâs : «Je suis chrétien, originaire de «Ninawâ (Ninive)» ».

Le Messager Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) reprit: «Tu es originaire du village d'un homme vertueux, Younous (Jonas) Ben Mattâ».

Le garçon dit: «Comment as tu connu Younous Ben Mattâ ».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) répondit: «Celui-là est mon frère. C'était un prophète et moi aussi je suis prophète». Cela dit Addâs se pencha, baisa les mains et les pieds du prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui).

Les deux enfants de Rabîa se dirent alors l'un à l'autre: «Voilà, il a corrompu ton gosse».

Au retour de Addâs ils lui dirent: «Malheur à toi! qu'est ce que c'est, ce que tu viens de faire?».

Le garçon répondit: «Maître! il n'existe pas sur terre meilleur que cet homme. Il m'a informé d'une chose que seul un prophète peut savoir».

Ils lui dirent: «Malheur à toi! qu'il ne te détourne pas de ta religion car ta religion est meilleure que la sienne».

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) prit la route du retour à la Mecque après avoir quitté le jardin, triste et le cœur brisé. A l'entrée de la ville, Allah lui envoya l'ange Jibril, accompagné de l'ange des montagnes. Celui-ci lui proposa de renverser les deux montagnes sur les Mecquois.

Selon 'Âicha, elle a dit une fois au Prophète : «As-tu connu un jour plus pénible que le jour de Ouhoud?» Il dit: «Oui, j'ai supporté de ton peuple des choses plus pénibles encore et la plus pénible d'entre elles fut ce que j'ai éprouvé de leur part le jour de la 'Aqaba. J'avais alors demandé la protection d'Ibn 'Abd Yàlil qui me la refusa. Je partis abattu par la déception et je me suis trouvé sans le savoir sur le mont «Qam Aththa'àlib» (sur la route de Nejd). En levant la tête je vis un nuage qui me couvrit de son ombre. Je regardai dans le nuage et y vis l'Ange Gabriel (salut de Dieu sur lui) qui m'appela en disant: «Dieu exalté a entendu ce que vient de te dire ton peuple et le refus qu'ils t'ont opposé. Il t'a envoyé l'Ange des montagnes pour que tu lui ordonnes de leur faire ce que tu veux». Juste à ce moment l'Ange des montagnes m'appela. Il me salua et me dit: «O Mohammad! Dieu a bien entendu ce que t'a dit ton peuple et je suis l'Ange des montagnes. Or mon Seigneur m'a envoyé à toi pour que tu m'ordonnes de faire ce que tu veux. Si tu veux que je les écrase entre les deux montagnes qui entourent la Mecque, je le ferai». Le Prophète lui dit: «Je souhaite plutôt que Dieu sorte de leurs reins une progéniture adorant Dieu seul sans rien Lui associer». (Al-Boukhâri, Mouslim n° 643)

Ensuite, il avança en direction de la Mecque et atteignit la vallée Nakhla où il séjourna pendant des jours. Il existait dans cette vallée deux endroits où l'on pouvait séjourner; As-Sayl AI­Kabir et Az-Zayma, dans la mesure où il y avait de l'eau et de la fertilité. Toutefois, à notre connaissance, aucune source ne précise l'endroit exact de son séjour dans la vallée.

Au cours de son séjour en ce lieu, Allah lui envoya un groupe de djinns. Ceux-ci, le Très Haut en a fait mention dans deux endroits du Coran:

1. La sourate Al-Ahkâf:

« (Rappelle-toi) lorsque Nous dirigeâmes vers toi une troupe de djinns pour qu'ils écoutent le Coran. Quand ils assistèrent [à sa lecture] ils dirent : “écoutez attentivement”... Puis, quand ce fut terminé, ils retournèrent à leur peuple en avertisseurs. Ils dirent : "Ô notre peuple ! Nous venons d'entendre un Livre qui a été descendu après Moïse, confirmant ce qui l'a précédé. Il guide vers la vérité et vers un chemin droit. ô notre peuple ! Répondez au prédicateur d'Allah et croyez en lui. Il [Allah] vous pardonnera une partie de vos péchés et vous protégera contre un châtiment douloureux. »[Coran 46:29-31] 

2. La sourate Al-Jinn :

« Dis : “Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns prêtèrent l'oreille, puis dirent : “Nous avons certes entendu une Lecture [le Coran] merveilleuse, qui guide vers la droiture. Nous y avons cru, et nous n'associerons jamais personne à notre Seigneur. » [Coran 72:1-2]

Il ressort du contenu de ces versets et de celui des rapports faits au sujet du commentaire de cet événement que le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) ne savait pas que ce groupe de djinns était venu l'écouter. Cela, il ne le sut que lorsqu'Allah le lui fit savoir en lui révélant de tels versets. On en déduit également que c'était 1a première fois que les djinns assistaient à la récitation. le contenu des rapports implique que les djinns sont, à plusieurs reprises, revenus écouter.

Assurément, cet événement était aussi un secours par lequel Allah lui fournit, à partir de ses mystères insondables, ses soldats que personne d'autre que lui ne connaît.

De surcroît, les versets descendus en rapport avec l'événement renfermaient des annonces de la réussite de l'appel du prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui), précisant qu'aucune des forces de l'univers ne pouvait s'opposer à une telle réussite:

« Et quiconque ne répond pas au prédicateur d'Allah ne saura échapper au pouvoir [d'Allah] sur terre. Et il n'aura pas de protecteurs en dehors de Lui. Ceux-là sont dans un égarement évident. » [Coran 46:32]

 

 « Nous pensions bien que nous ne saurions jamais réduire Allah à l'impuissance sur la terre et que nous ne saurions jamais le réduire à l'impuissance en nous enfuyant. » [Coran 72:12] 

Ce secours et ces annonces dissipèrent les nuages de tristesse, d'affliction et de désespoir qui suivaient le Messager d'Allah depuis qu'il avait quitté Tâif, chassé et stupéfait. En conséquence de cela, celui-ci était résolu à rentrer à la Mecque, à reprendre son premier plan d'exposition de l'Islam, de communication du message éternel d'Allah, avec un zèle tout nouveau.

Alors, Zayd Ben Hâritha lui dit: «Comment les réintégrer (les kouraichites) alors qu'ils t'ont fait sortir?».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) dit: « Zayd! Allah va décanter la situation que tu vois et lui apportera une solution. Il secourra Sa religion et fera triompher son prophète».

À l'approche de la Mecque, le Prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) resta à Hirâ et envoya quelqu'un des Khouzâaa auprès d'Al-Akhnas Ben Shouraik demandant à ce dernier de le protéger. Celui-ci dit:

"Je suis un allié et l'allié ne protège pas".

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) envoya alors auprès de Souhayl Ben Amr qui répondit: «Banou Amir ne protègent pas Banî Kaab».

Il envoya auprès d' Al-Moutaim Ben Adi qui dit: «Oui», s'arma puis appela ses fils et son peuple et leur parla en ces termes: «Prenez vos armes et postez-vous aux coins de la maison car j'ai accepté de protéger Mohammad». Ensuite il envoya auprès du Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) pour lui dire de venir. A son arrivée, il lui dit «Entre!». En compagnie de Zayd Ben Haritha le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) entra à la Mecque et alla jusqu'à la sainte mosquée.

Debout sur sa monture, Al-Moutaim Ben Adi appela: «Ô Kouraich! j'accorde ma protection à Mohammad. Alors, que personne ne le touche! ».

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) alla jusqu'à l'encoignure, fit le tour du temple accomplit deux prosternations et, escorté par Moutaim et ses fils armés, rentra chez lui.

On raconte que ce jour-là, Abou Jahl! interrogea Moutaim en ces termes: «Mais, toi, es-tu protecteur ou un adepte : un musulman?».

Celui-ci répondait: «Plutôt protecteur!» Abou Jahl reprit: «Ton protège est le nôtre».

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) avait gardé en mémoire cet acte de Moutaim.

Aussi, dit-il au sujet des prisonniers de Badr : «si Al-Moutaim » était encore vivant et me demandait la libération de ceux-là, je lui accorderais cette faveur».

Le voyage nocturne et l'ascension

(-1 H. ; 53 ans)

Le Prophète (PSL) voyage une nuit de la Mecque à Jérusalem, puis monte jusqu'au Jujubier célèste

« Allâh a dit: « Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Muhammad], de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsa dont Nous avons béni l'alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient, le Clairvoyant.» [Coran 17:1]

Selon Anas Ben Mâlik (Ra), le Prophète (PSL) a dit: "Al-Burâq" - une monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'une mule, qui se trouvait d'un bond où son regard s'arrêtait- me fut amenée. Je la montai et fus transporté à Jérusalem. Là-bas, je l'attachai à l'anneau destiné à l'usage des prophètes. Je pénétrai dans la mosquée où je pria deux Rak'a. A ma sortie, Gabriel (عليه السلام) m'offrit deux récipients: l'un contenant du vin, l'autre du lait. Je choisis le lait; et Gabriel me déclara alors que j'avais élu la voie primordiale. Porté par lui, je m'élevai jusqu'aux régions célestes. Gabriel demanda la permission d'y accéder.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je vis aussitôt Adam qui me souhaita la bienvenue et invoqua (Allah) en ma faveur. Puis, je fus porté au second ciel, Gabriel (عليه السلام) demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je vis aussitôt les deux cousins maternels: Jésus ('Isa), le fils de Marie et Jean Baptiste (Yahya), fils de Zacharie (qu'Allah leur accorde Ses bénédictions) qui me souhaitèrent la bienvenue et le bien. Puis, je fus porté au troisième ciel, et Gabriel demanda aussi la permission d'y pénétrer.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je trouvai aussitôt Joseph (Yûsuf عليه السلام) à qui a été assignée la moitié de la beauté humaine. Celui-ci me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus ensuite porté au quatrième ciel et Gabriel (عليه السلام) demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je trouvai Anoch ('Idris) qui me souhaita la bienvenue et le bien. Allah - à Lui la puissance et la gloire - dit à ce sujet: {Et Nous l'élevâmes à un haut rang}. Je fus alors porté au cinquième ciel et Gabriel demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Aaron (Hârûn PSL) qui me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus ensuite porté au sixième ciel et Gabriel (que la paix soit sur lui) demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Moïse (Mûsa PSL) qui me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus porté enfin au septième ciel et Gabriel (que la paix soit sur lui) demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Abraham ('Ibrâhim PSL), le dos appuyé contre la Maison Peuplée dans laquelle pénètrent journellement un nouveau groupe de soixante-dix mille Anges. Puis, il m'emmena vers "Sidrat Al-Muntaha" (le Lotus de la limite extrême) dont les feuilles ressemblaient aux oreilles d'éléphants et les fruits étaient (grands) comme les cruches. Au moment où -par l'ordre d'Allah- le lotus fut couvert de ce qui le couvrit, il se transforma et aucun des créatures d'Allah ne pourrait décrire sa splendeur. Allah me révéla, alors, ce qu'Il voulut, et prescrivit l'accomplissement de cinquante prières par jour. Je retournai voir Moïse (Mûsa) qui me demanda: "Qu'est-ce qu'a prescrit le Seigneur à ta Communauté?".
- "Une cinquantaine de prières", lui dis-je.
- "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui la réduction de ce nombre, car ta Communauté ne supportera point cette prescription. Je connais bien les israélites; je les avais mis à l'épreuve et je m'étais employé à les ramener sur la bonne voie".
Le Prophète poursuivit: Je retournai à mon Seigneur et je Lui demandai de réduire le nombre des prières pour la faveur de ma Communauté. Il m'exauça en les amoindrissant de cinq prières. J'allai ensuite trouver Moïse (Mûsa) pour l'informer de la réduction des cinq prières. Toutefois, il me répéta: "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui la réduction de ce nombre, car ta Communauté ne le supportera point". Je ne cessai alors de faire la navette entre mon Seigneur (à Lui la puissance et la gloire) et Moïse (Mûsa) (que la paix soit sur lui) pour demander plus de réduction encore jusqu'à ce qu'Allah me décréta: "O Muhammad! Je prescris irrévocablement cinq prières jour et nuit, dont chacune équivaut à dix, cela fait alors cinquante. Quiconque a dessein de faire une bonne action et ne la faite pas, on lui inscrira une récompense à son actif; s'il l'exécute, une récompense équivalente à dix bonnes actions lui sera inscrite. Tandis que quiconque a l'intention de perpétrer une mauvaise action et qu'il ne l'accomplit pas, rien ne sera inscrit à son passif; si au contraire il l'accomplit, on lui inscrira la punition d'une seule mauvaise action". Je descendis et arrivai auprès de Moïse (que la paix soit sur lui) pour l'informer de la chose, mais il me dit: "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui une nouvelle réduction".
"Je suis déjà retourné plusieurs fois à mon Seigneur, jusqu'à ce que j'aie trouvé inconvenant de Lui adresser encore une fois cette demande." répondis-je à Mûsa. (Mouslim n° 234) 

D'après Mâlik ibn Sa'sa'a (Ra), le Prophète (PSL) a dit: Pendant que je me trouvais auprès de la Maison sacrée (la Ka'ba) dans un état intermédiaire entre le réveil et le sommeil, j'entendis quelqu'un appeler: "L'homme se trouvant entre les deux autres!". (il y avait, selon les commentateurs, deux hommes à côté du Prophète). J'y répondis. On m'emmena et m'offrit ensuite un bassin d'or rempli de l'eau de Zamzam. On me fendit la poitrine d'ici jusque là. Un autre transmetteur, Qatâda, s'enquit: "Et qu'a-t-il entendu par (d'ici jusque là)?". -"Jusqu'au bas-ventre", répliqua Anas. - On m'extraira le cœur, dit le Prophète, et après l'avoir lavé avec l'eau de Zamzam, on me le remit à sa place en le bourrant de la foi et de la sagesse. Puis, me fut amenée "Al-Burâq" - une monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'une mule, qui se trouvait d'un bond où son regard s'arrêtait-; sur laquelle on me fit monter. Puis, je m'en allai avec Gabriel, jusqu'à atteindre le ciel le plus proche où il demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit donc en disant: "Qu'il soit donc le bienvenu! Quelle heureuse arrivée que la sienne!". J'y trouvai alors Adam (que la paix soit sur lui)". Et le Prophète se mit à relater la suite des événements (déjà mentionnés dans le hadith précédent) en disant qu'il avait rencontré au second ciel, Jésus ('Isa) et Jean-Baptiste (Yahiya) (que la paix soit sur les deux); au troisième, Joseph (Yûsuf); au quatrième, Anoch ('Idris); et au cinquième, Aaron (Hârûn) (que la bénédiction d'Allah soit sur eux tous). - Nous parvînmes enfin au sixième ciel, continua le Prophète, là je vis Moïse (Mûsa) (que la paix soit sur lui) que je saluai. Et lui de me répondre: "Que tu sois le bienvenu, frère vertueux et prophète vertueux!". A peine l'avais-je dépassé, qu'il se mit à pleurer. "Pourquoi tu pleures?", lui demanda-t-on.
- "O Seigneur, répondit-il, ce jeune homme, vous l'avez envoyé après moi; et pourtant une multitude de sa Communauté iront au Paradis, tandis que ceux qui y accéderont parmi ma Communauté seront moins nombreux". Puis, nous montâmes au septième ciel où je vis Abraham ('Ibrâhim). Or, le Prophète (PSL) raconta qu'il avait vu quatre fleuves: deux apparents et deux autres sous terre. "O Gabriel! Quels sont donc ces fleuves?", demanda-t-il.
L'Archange répondit: "Les deux fleuves souterrains sont du Paradis; quant aux deux autres, ils sont le Nil et l'Euphrate". Le Prophète poursuivit son récit: Puis, on me montra la Maison Peuplée à son endroit sur laquelle j'interrogeai Gabriel qui me dit: "C'est la Maison Peuplée où chaque jour, soixante-dix mille Anges font la prière pour une seule fois dans leur vie". Ensuite, on m'apporta deux récipients: l'un contenant du vin et l'autre du lait. Je choisis celui-ci. "Vous y êtes! Qu'Allah te bénis pour la faveur de ta Communauté! Tu as opté pour la voie primordiale", constata Gabriel. Aussi, il me fut prescrit d'accomplir cinquante prières par jour..." Et le Prophète relata ce qui s'était passé à ce sujet. (Mouslim n° 238)

A son retour, le Prophète (PSL) raconte cela à Qouraych et les preuves qu'Il leur apporte

Oum Hâni' (Ra) dit : "Le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - dormait chez nous la nuit où le miracle d'Al-Isrâ' eut lieu. Je constatai son absence cette nuit là et je ne pus fermer l'œil de peur qu'un malheur ne lui soit arrivé. [A son retour], le Prophète m'expliqua : "Gabriel - que la paix soit sur lui - vint me voir, il me prit par la main et nous sortîmes de la maison. Devant la porte, je trouvai une monture entre la mule et l'âne. Il me fit monter dessus et nous partîmes.
Arrivés au Temple de Jérusalem, il me montra Abraham qui était de la même constitution que moi. Il me montra Moïse : il était basané et grand de taille avec des cheveux blancs, il ressemblait aux gens de Azd Shanu'ah (une tribu arabe). Il me montra Jésus, fils de Marie, il était blanc de teint avec un peu de rougeur. Il ressemblait à 'Urwah Ibn Mas'ûd Ath-Thaqafî. Il me montra aussi l'Imposteur [l'Antéchrist]. Borgne de l'œil droit, il ressemblait à Qotn Ibn 'Abd Al-'Ozzâ." Puis il me dit : "Je veux sortir raconter tout ce que j'ai vu à Qoraïsh." Je le retins par ses vêtements et lui dit : "Je t'en conjure, tu sais bien que ses gens te démentissent et je crains qu'il ne te fassent du mal !" Il libéra ses vêtements de ma main et sortit.
Il alla les voir dans leur lieu de rencontres et leur raconta son récit. Mut'am Ibn 'Udayy se leva et lui dit : "Ô Muhammad, si tu étais aussi jeune que tu l'étais dans le temps, tu n'aurais pas dit une telle chose et resté impuni !"
Un autre homme lui dit : "As-tu vu sur ton chemin des chameaux qui nous appartiennent à tel endroit ?"
Le Prophète répondit : "Oui, ils ont égaré un chameau et sont actuellement à sa recherche."
L'homme lui demanda : "As-tu vu le troupeau de mon cousin un tel ?"
Le Prophète dit : "Oui, je l'ai croisé à tel endroit. Une chamelle rouge s'est cassé [un membre]. Ils avait un récipient d'eau que j'ai bu."
Ils lui demandèrent de donner le nombre de bêtes dans le troupeau et le nom des bergers. Il répondit qu'il n'y avait pas fait attention puis il tomba subitement en sommeil. Il vit le troupeau devant lui et compta les bêtes et prit connaissance des bergers qui étaient avec le troupeau. Quand il se réveilla, il leur donna le nombre de bêtes dans le troupeau et leur dit que les bergers était Ibn Abî Quhâfah et un tel et un tel. Il leur dit aussi que le troupeau allait rentrer à la Mecque le lendemain de telle direction.
Le lendemain, ils attendirent à l'endroit indiqué et virent les chameaux arriver. Ils les interrogèrent et purent vérifier qu'un chameau s'était bien égaré. Ils interrogèrent le deuxième troupeau et vérifièrent qu'une chamelle rouge s'était cassé un membre. Ils les interrogèrent à propos du récipient d'eau. Abû Bakr Ibn Abî Qohâfah qui accompagnait le troupeau répondit qu'ils avaient bien un récipient et qu'il l'avait remplit lui même et qu'il ne savait pas qui avait bien pu la boire. Quand Abû Bakr prit connaissance de toute l'histoire il fit foi au Prophète et cru ce que le Prophète avait relaté. C'est depuis ce moment là qu'il fut qualifié d'As-Siddîq (i.e. celui qui croit).

Selon Abou Hurayra (Ra), l'Envoyé d'Allah (PSL) a dit: Je me vis (en songe) dans l'enceinte de la Ka'ba (le Hijr), pendant que les Qoraychites me questionnaient sur mon Voyage Nocturne. Ceux-ci m'interrogèrent alors sur des détails concernant le Temple de Jérusalem que je n'avais pas retenus; ce qui me causa une affliction qui me fut inconnue jusqu'alors. Le Prophète ajouta: "Allah fit alors apparaître le monument à ma vue, et ainsi je pus répondre à toutes leurs questions". (Mouslim n° 251)

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