La naissance du Prophète et son enfance

Sa naissance :

Avant la prophétie

L'événement de l'Eléphant

Parmi les événements les plus significatifs dans la vie de `Abd Al-Muttalib, futur grand-père du Prophète (PSL), et pour les Mecquois, on recense l'événement dit de l'Eléphant (الفيل).`Abd Al-Muttalib , était chargé du service de la Ka`bah et de son entretien. Pendant la période du pèlerinage, il se chargeait entre autres de transporter l'eau nécessaire pour étancher la soif des pèlerins. Il était officiellement le chargé de service de la Maison Sacrée.

Abrahah tente de détourner les arabes de la Ka'ba vers son sanctuaire

Un chef chrétien d'Ethiopie du nom d'Abrahah décida de s'installer en Arabie et d'y ériger un sanctuaire destiné à attirer les pèlerins arabes. En ces temps, la période du pèlerinage chez les Arabes s'accompagnait en effet de nombreux échanges commerciaux et de nombreuses manifestations culturelles. La mainmise sur cette rencontre annuelle représentait une alléchante perspective d'enrichissement. Les plans d'Abrahah, à sa grande surprise, ne réussirent pas à détourner les Arabes de la Ka`bah, dont le caractère divin est bien plus vieux que la mémoire des Arabes. La Ka`bah a toujours été considérée, à travers les âges, comme un sanctuaire sacré. Sa rénovation est attribuée à Abraham (PSL) et son fils Ismaël (PSL) et son histoire s'enracine, bien avant Abraham (PSL), dans l'histoire de la foi. On comprend alors que le temple flambant neuf proposé par Abrahah ne fasse pas le poids devant la Ka`bah.

Abrahah à la Mecque

Afin de réaliser ses desseins, Abrahah décida d'employer la force pour obliger les Arabes à abandonner la Mecque et faire leur pèlerinage dans le nouveau sanctuaire (au sud de l'Arabie, du côté du Yémen). Il rassembla ses innombrables troupes (qui lui avaient soumis le Yémen), ses cornacs et ses éléphants d'Ethiopie et se dirigea vers la Mecque pour détruire la Maison Sacrée. Les protestations des tribus arabes n'avaient aucun poids contre la volonté et la puissance d'Abrahah. Rendu aux portes de la Mecque, la taille des armées d'Abrahah jeta une terreur froide dans le coeur des Mecquois. Leur propre impuissance les désespérait...

Un seul homme resta impassible : `Abd Al-Muttalib Ibn Hâshim. Il demanda à rencontrer Abrahah en personne, dans son camp et au milieu de sa cour et de ses gardes. Au premier abord, le charisme de `Abd Al-Muttalib força le respect d'Abrahah. Il l'interrogea sur l'objet de cet entretien, et, `Abd Al-Muttalib de lui demander de lui restituer son troupeau de chameaux ravis par l'armée d'Abrahah ! ! Abrahah lui dit alors :

"- Je croyais que tu étais venu discuter d'une affaire plus importante que ça, quelque chose en rapport avec votre sanctuaire qui vous est si cher et que j'ai l'intention de raser."

`Abd Al-Muttalib lui dit : "-Je t'ai parlé de mes chameaux car j'en suis le seigneur. Quant au Sanctuaire, sache qu'il a un Seigneur et que ce Seigneur le protégera..."

Le despote lui rétorqua : "-Il ne le protégera pas de moi !"

Châtiment contre les gens de l'éléphant

L'ordre fut donné et les assaillants se dirigèrent vers la Mecque précédés par les phalanges éléphantines. Tout à coup, le grand éléphant qui sert de meneur à tout le troupeau s'arrêta. On avait beau le forcer à marcher vers la Ka`bah, il ne bougeait plus. Dès qu'on le détournait du Sanctuaire, il se relevait. Aussitôt qu'on l'orientait vers la Ka`bah, il refusait de marcher... Face à ce contretemps, Abrahah ordonna d'attaquer sans les éléphants. C'est alors que le temps se gâta, le ciel se chargea de nuages et une nuée d'oiseaux apparut dans le ciel. Ces oiseaux lapidèrent les agresseurs avec des milliers de petites pierres et eurent raison des troupes d'Abraha ! ! Abrahah, quant à lui, fut victime d'une maladie douloureuse qui rongea son corps jusqu'à l'os...

L'événement de l'éléphant dans le Coran

Cet événement est narré dans la sourate dite de l'Eléphant (sourate 105) :

« N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'éléphant .

N'a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine ?

et envoyé sur eux des oiseaux par volées

qui leur lançaient des pierres d'argile ? 

Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée. »  [Coran 105 :1-5]

Il convient à ce stade de noter que l'incident de l'Eléphant eut lieu pendant l'année de naissance du Prophète. Les traditions les plus sûres à ce sujet précise même que cet incident eut lieu le jour de la naissance du Prophète Mohammad - que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui. Cet incident ne fut que la première percée de lumière dans ce monde d'obscurantisme et de paganisme.

Généalogie du Prophète (PSL)

La lignée remontant du Prophète (PSL) à 'Adnan est connue des biographes et des généalogistes. Cependant, la généalogie du Prophète (PSL) remontant de 'Adnân à Ibrahim (PSL) fait l'objet de divergences ; elle est vague et incertaine. Notre noble Envoyé (PSL) nous a lui-même mis en garde en disant : « Ne faites pas remonter ma lignée au-delà de 'Adnân »  (Rapporté par El Souyouti).

Nous ne citerons donc seulement que la lignée du Prophète (PSL) remontant jusqu'à 'Adnân. Elle est la suivante :
Mouhammad Ibn 'Abdallâh Ibn Abd Al-Mottalib Ibn Hâchem Ibn 'Abd Manaf Qocey  Ibn Kilâb Ibn Morra Ibn Ka'b Ibn Louëy Ibn Ghâleb Ibn Fihr (surnommé Qouraych, et ancêtre de la tribu du même nom) Ibn Mâlik Ibn Nadr, surnommé Abou Qays, Ibn Kinâna Ibn Kouzeyma Ibn Moudrika Ibn Ilyês, Ibn Modar Ibn Nizâr Ibn Ma'add Ibn 'Adnân.

'Abd Al-Mottalib, grand-père du Prophète (PSL), a engendré 10 fils :
'Abbâs, Hamza, 'Abdallâh, qui est le père du Prophète (PSL), Abou Tâlib , Al Zoubayr (PSL), Hârith, Hajla, Mouqqawim, Dirâr et Abou Lahab.

Ses filles, au nombres de 6, sont : Oum Al-Hakîm, aussi appelée Al Baydâ ; Barrah, 'Atikah, Safiya, Arwa et Oumaima.

D'autre part vivait à la Mecque une femme nommée Âmina Bent Wahb Ibn 'Abd Manaf Ibn Zahra Ibn Kilab, une femme Qoureychite. Elle était considérée comme la meilleure des femmes Qoureychites de part sa généalogie et de son rang social.

Mariage des parents du Prophète (PSL) et naissance du Prophète (PSL)

C'est à cette femme que 'Abd Al-Mottalib, le grand-père du Prophète (PSL) choisit de marier son fils 'Abdallâh. Contrairement à la majorité des Qoureychites, leur union fut légitime, car celle-ci se fit sous la présence de témoins et tuteurs.

On a conservé plusieurs poèmes d'Âmina (Ibn Sa'd, I/I, p.62 ; Balâdhuri, I, § 159 ; Ibn-Habîb, Munammaq p 422, etc.), et aussi d'autres parentes (Ibn Hicham, p 108-111.) de la famille de 'Abd Al-Mottalib, ce qui montre que le niveau intellectuel dans cette famille était assez élevé, même parmi les femmes.

La naissance du Prophète

Sa date de naissance

Ibn Ishâq privilégie l'opinion selon laquelle, la naissance du prophète (PSL) eut lieu après douze nuits écoulées du mois de Rabî' Al-Awwal de l'An de l'Eléphant. Ibn Abî Shayba relate cette opinion selon Jâbir et Ibn 'Abbâs et d'autres.

L'origine de son prénom

Un jour, 'Abd Al-Mottalib était en voyage au Shêm (Damas), accompagné de 3 hommes. C'est alors qu'ils rencontrèrent en chemin un Rabbin qui leur demanda de quelle ville ils venaient. Quand il su que ces hommes venaient de la Mecque, il leur répondit que de leur ville sortira un prophète, et qui s'appellera Mouhammad.

Espérant qu'il s'agisse du leur, ces hommes ont tous décidé de donner ce nom à leur prochain fils qui naîtra, ce que fit 'Abd Al-Mottalib pour son petit-fils, le Prophète (PSL).

Quelques signes relatifs à sa naissance et annonçant sa mission future

A la Mecque

Quand Âmina engendra le Prophète (PSL), un Ange vint lui dire : Tu viens d'engendrer le meilleur de cette communauté. Quand tu le mettras au monde, tu diras : "Je prie Dieu l'Unique de le protéger contre tout envieux. Le signe qui confirme ce que je dis est que sa naissance sera accompagnée d'une lumière qui éclairera les palais de Bosra au Shêm. Appelle-le alors Mouhammad, le loué, car dans la Thora il est appelé Ahmed. Il sera loué par ceux qui se trouvent aux cieux et sur la terre".

Interrogé sur sa personne, le Prophète (PSL) dira plus tard : "Je suis l'accomplissement du vœu formulé par mon père Ibrahim et l'heureuse annonce faite par 'Issa. Et ma mère a vu, quand elle me porta, jaillir d'elle une lumière par laquelle lui étaient illuminés les palais de Shêm."

Contrairement aux autres femmes, Âmina ne sentait rien des douleurs qui accompagnent les femmes au cours de leurs grossesses. C'est ainsi qu'elle n'était nullement affaiblie. Le Prophète (PSL) naquit en s'appuyant sur ses mains et en levant la tête au ciel. Aussi, il (PSL) était circoncis et son cordon ombilical était déjà coupé.

Notons qu'à sa naissance, l'Envoyé était orphelin de père car celui-ci tomba malade lors d'un voyage au Shêm, suite à quoi il décéda à Médine chez ses oncles. Cet événement se passa quelques semaines avant que le Prophète (PSL) ne naisse.

En dehors de la Mecque

A Médine, Hassan Ibn Thâbit, qui sera plus tard le poète du Prophète (PSL), raconte, dans son témoignage : "J'étais dans la région où se trouvaient les juifs (à Médine), et l’un des Rabbins est monté sur un mur et s'est écrié : " Ô communauté de juifs ! Aujourd'hui est apparue l'étoile de Ahmed !"

Les juifs avaient en effet l'habitude de scruter le ciel, car ils étaient très biens informés par les livres saints de la naissance prochaine d'un prophète, et savaient qu'à sa venue, il y aurait sur le ciel, une étoile qui n'apparaît qu'à sa naissance (PSL).

La tutelle du Prophète

'Abdallâh, le père du Prophète (PSL) est mort quelques semaines avant que son fils ne naisse. C'est son grand-père 'Abd Al-Mottalib qui s'occupa de l'enfant et de sa mère.  

Son allaitement

La 1ère femme à allaiter le Prophète (PSL) fut sa mère, Âmina Bent Wahb.

La première femme à allaiter Mouhammad (PSL) après sa mère fut Thuwaibah, la captive affranchie de son oncle Abou Lahab. Ceci eut lieu pendant la période où elle allaita son propre fils, Masrouh.

Avant d'allaiter Mouhammad (PSL), elle avait allaité Hamzah Ibn 'Abd Al-Mottalib, qui est donc son frère de lait, et ensuite Abou Salamah Ibn 'Abd Al-Asad Al-Makhzûmi.

Chez les Béni Sa'd

Les arabes sédentaires avaient pour coutume de confier leurs enfants à des nourrices qui vivaient à l'extérieur de la Mecque dans le désert. Celles-ci les emmenaient chez elles jusqu'à un certain âge et les allaitaient.

Plusieurs raisons expliquent cette pratique

- Lors des pèlerinages, les gens affluaient de différentes régions, d'où le mélange de différentes langues, ce qui pouvait ainsi entacher la langue arabe de leurs enfants. Mais les arabes attachaient beaucoup d'importance à la richesse et la pureté de leur langue qu'est la langue arabe, et voulaient donc que cette éloquence soit préservée. D'ailleurs, le Prophète (PSL) exprima un jour sa fierté du fait de la noblesse de sa souche, en disant :"je suis le plus éloquent en arabe entre vous : je suis Qouraychite et fut mis en nourrice chez les Béni Sa'd".

- D'autre part, les Qouraychs, attendaient de ces pratiques l'acquisition d'un courage intrépide par leurs enfants, du fait de la difficulté de vie en dehors de la Mecque.

- Aussi, de nombreuses maladies étaient présentes dans les métropoles et il était plus prudent de les en écarter durant les premiers moments de leur vie.

Un contingent de la tribu de Sa'd Ibn Bakr, branche des Hawâzinites, se rendit alors à la Mecque. Parmi cette tribu se trouvait Halîma, future nourrice de Mouhammad, qui était très pauvre. A cause de sa monture maigre et fatiguée, elle arriva à la Mecque assez en retard sur les autres, et ne put trouver un enfant de riche. Personne n'avait voulu prendre

Mouhammad (PSL) car celui-ci était orphelin. Les nourrices cherchaient évidemment les enfants dont les parents étaient riches. Ne voulant pas rentrer les mains vides, elle le prit alors, et ne le regrettera jamais...

Bénédictions chez les Béni Sa'd

La vie chez une nourrice nomade ne pouvait être que très simple : la tribu passait les différentes saisons en divers endroits; les enfants surveillaient toute la journée les troupeaux dans les pâturages, et jouaient ensemble ; les femmes ramassaient le bois pour la cuisine, entretenaient leurs foyers, et s'occupaient à filer. On se contentait quelquefois de dattes et de lait; parfois on mangeait des légumes, de la viande par exemple, et, lors des foires ou des visites aux " grandes villes " comme la Mecque, quelques friandises. Il pouvait y avoir des razzias et des guerres entre les tribus, mais nos sources n'en mentionnent aucune concernant la tribu de la nourrice Halîma.

Le jeune Mouhammad (PSL) se comportait comme tous les autres enfants. On rapporte qu'un jour, pour une raison que les narrateurs ne mentionnent pas, il mordit l'épaule de sa sœur de lait avec une telle vigueur que la trace lui resta toute sa vie, mais elle n'eut pas à regretter ! Plus tard en effet, dans une expédition, l'armée du Prophète fit un certain nombre de prisonniers, parmi lesquels se trouva Chaimâ', cette sœur de lait. Lorsqu'elle rappela à Mouhammad (PSL) l'incident et lui montra l'incision sur son épaule, il la reconnut aussitôt, et elle fut traitée avec tous les égards dus à une sœur bien aimée (Ibn Hichâm.p. 856-857 ; Balâdhuri, § 161.).  

La grande foire annuelle de 'Ukâz avait lieu dans la région. On y rencontrait quelquefois Halîma et son nourrisson, et l'on rapporte que Halîma demanda à un astrologue-devin de la tribu de Hudhail, qui exerçait son métier à la foire, de prédire le destin de l'enfant (Ibn Sa'd, I/I, p 98.)

La " fente de poitrine "

Alors que le Prophète (PSL) avait 4 ou 5 ans, il se passa un évènement que raconte Halîma elle-même dans son récit: [...] Quelques mois après notre retour, alors qu'il gardait les moutons avec son frère de lait, derrière les tentes, celui-ci vint en courant nous dire :
Mon frère le Qouraychite vient d'être saisi par 2 inconnus habillés en blanc, qui l'ont mis à terre et lui ont ouvert le ventre ! Nous accourûmes vers lui. Il était debout et pâle. Je le serrai dans mes bras, ainsi que mon mari.
-Qu'as-tu mon enfant, lui dis-je ?
-Deux hommes habillés en blanc, dit-il, m'ont couché par terre et m'ont ouvert le ventre pour y chercher je ne sais quoi [...]

Le Prophète (PSL) montrera plus tard la trace de sa cousure aux Compagnons (,), et Anas Ibn Mâlik (ra) témoignera en disant : J'ai vu la trace de la poitrine du Prophète.

Retour de Mouhammad chez sa mère

Après cet évènement, Al-Harith dit à sa femme qu'il vaudrait peut-être mieux rendre Mouhammad (PSL) à sa mère, car celui-ci pensait qu'un mal l'avait atteint :
-Halîma, me dit mon mari, je crains que l'enfant ne soit atteint de quelque mal. Ramenons-le chez sa mère avant que sa situation ne s'aggrave. Ce que nous fîmes.
-Qu'est-ce qui t'amène, aimable nourrice? me dit sa mère. N'as-tu pas tenu à le garder ?
-Notre enfant, lui dis-je a atteint l'âge voulu et mon devoir est rempli. Je crains pour lui des imprévus. Je te le ramène dans les meilleures conditions désirées.
-Qu'a-tu donc ? me dit-elle. Dis-moi sans feinte ce qu'il en est.
Elle ne me laissa pas de faux fuyants pour cacher ce qui arrive, et je finis par lui dire la vérité.
-Crains-tu les mauvais esprits pour notre enfant ?
-Oui ! lui répondis-je. Par Allâh, me dit-elle, ils n'ont nulle prise sur lui. Mon fils a un grand destin. Veux-tu que je t'en parle ? Je vis, lorsque je le portais, sortir de moi une lumière qui me fit voir éclairer les palais de Bosra au Chêm. Ma grossesse fut la plus aisée. Quand il vint au monde, sa tête était vers le ciel et ses mains étaient posées sur le sol. Tu peux le laisser et repartir sans souci !

C'est ainsi que s'accomplit l'allaitement du Prophète (PSL) chez les Béni Sa'd, Celui-ci dura 2 ans. Cette durée sera ensuite confirmée par l'islam (Coran, s2v233).

Mort d'Âmina (mère du prophète)

Âmina partit un jour avec son noble enfant pour Yathrib (Médine), afin de visiter ses oncles maternels, les Béni Najâr. C'est sur le chemin du retour qu'Âmina trépassa soudainement à Abwâ'; le Prophète (PSL) n'avait alors que 6 ans. Plus tard, toutes les fois qu'il (PSL) passait par Abwâ', au cours de ses expéditions, le Prophète (PSL) s'arrêtait pour visiter le tombeau de sa mère, et versait d'abondantes larmes (Ibn Hichâm, p 107 ; Suhailî, I, 113.)  

Chez son grand-père

Oum Ayman, l'affranchie de son père se chargea alors du Prophète (PSL). Elle parvint à rentrer à la Mecque avec l'enfant, après avoir assisté à l'enterrement d'Amina. Elle le remit à son grand-père, 'Abd Al-Mottalib, âgé alors de 108 ans, prit son petit-fils chez lui. Il fit donc son 2ème  tuteur. Comme l'enfant avait perdu son père aussi bien que sa mère, l'affection du grand-père envers lui était naturellement très grande.

On rapporte que toutes les fois que 'Abd Al-Mottalib s'asseyait sur un tapis dans un conseil municipal pour discuter avec les autres conseillers des questions sérieuses, l'enfant Mouhammad aimait à laisser ses jouets et à venir assister au conseil; il voulait s'asseoir à la première place, à côté de son grand-père. Ses oncles le lui défendaient, mais le grand-père disait toujours: "Laissez-le ; il se croit un grand homme, et j'espère bien qu'il va l'être ; il est si sage". (Ibn Hichâm p.108 ; Balâdhurî, I, § 143- Ibn al-Jauzî, Wafâ, p. 102, 120,130.)

Il était en effet bien sage, jamais l'assemblée n'eut à se plaindre qu'il les dérangeât. Le grand-père l'aimait tant qu'aux dires des chroniqueurs (Suhailî.1, 179 ; Balldhuri, I, §146.), un jour, lors d'une disette, il pria Dieu pour la pluie en Le suppliant au nom de son petit-fils, et il ne fut point déçu.

A l'âge de 7 ans, Mouhammad (PSL) eut mal aux yeux, et les "médecins" de la Mecque ne purent le guérir. On rapporte que 'Abd Al-Mottalib se rendit alors au couvent d'un religieux chrétien, près de 'Ukâz, où on lui donna une prescription qui réussit très bien. (Halabî, Insân, I, 149.)

C'est apparemment d'une époque postérieure que nous parle Al-Qifti (Akhbâr al Hukamâ p 110; ibn Hajar, Isâbah, No 1471, § Haritch Ibn Kaladah.) lorsqu'il raconte qu'étant tombé malade, Mouhammad avait demandé à son ami Sa'd Ibn Abi-Waqqas de faire venir le médecin mecquois Al-Hârith Ibn Kaladah.

Mort de 'Abd Al-Mottalib (8 ans)

Mouhammad était âgé de 8 ans, lorsque son grand-père mourut, après l'avoir confié à son fils Abû Tâlib, oncle germain de Mouhammad, en lui recommandant d'en avoir le plus grand soin (Ibn Sa'd l/l, p 75; Tabari. I, 1123.).

Abû-Tâlib fut ainsi son 3ème tuteur. Le Prophète (PSL) restera sous sa garde jusqu'à l'âge de raison.

Garde par Abou Tâlib

Le choix d'Abou Tâlib comme tuteur de Mouhammad (PSL), de préférence aux autres oncles, a été particulièrement heureux. Né de la même mère et du même père que le père de Mouhammad (PSL), Abou Tâlib possédait des qualités de cœur très rares.

De sa tante, épouse de son tuteur, Mouhammad (PSL) nous dit lui-même : "Lorsqu'elle mourut, quelqu'un me fit la remarque: "Ô Envoyé de Dieu, pourquoi ressens-tu si douloureusement la mort d'une vieille femme ?"
Et je répondis: "Pourquoi pas ? Lorsque j'étais un enfant orphelin chez elle, elle laissait ses enfants avoir faim, mais elle me nourrissait; elle délaissait ses enfants pour me peigner; et elle était comme ma mère"". (Ya'qûbî, II, 14 ; Suhailî, I, 112)

Lorsque le petit déjeuner venait d'être servi, chez Abou Tâlib, tous les matins, la troupe de ses nombreux enfants le pillait avant que Mouhammad (PSL) y ait touché ; quand Abou Tâlib s'aperçut que son jeune neveu ne prenait pas part à ce pillage il le lui fit servir à part.(Ibn Sa'd, I/I,p 46 ; Maqrîzî, Imtâ', I, 7)

A cette époque, il n'y avait pas d'école à la Mecque ; c'est pourquoi il n'apprit ni à lire ni à écrire. Bientôt le jeune garçon commença à travailler comme berger pour les Mecquois, gagnant ainsi quelques sous pour ajouter aux maigres recettes de son oncle (Ibn Hichâm, p 106 ; Suhailî, I, 112 d'après Bukhârî, etc. ; Ibn Sa'd, I/i, p 80).

Son voyage en Syrie (9 ans)

Mouhammad (PSL) avait neuf ans, lorsqu'Abou Tâlib se vit obligé à l'idée d'être séparé, même pour peu de temps, de son oncle; il lui demanda de l'accompagner ; Abou Tâlib céda, et c'est ainsi que Mouhammad fit son premier voyage hors de l'Arabie. On peut bien penser que le jeune voyageur n'était pas du tout un fardeau inutile pour son oncle : de mille façons il pouvait lui rendre de petits services, et lui épargner maints inconvénients.

A Busrà, au-delà de la Mer Morte, entre Jérusalem et Damas, la caravane s'arrêta pour faire les échanges usuels et les transactions nécessaires. Comme d'habitude, ils durent camper dans la banlieue de la ville. C'était un territoire byzantin. Ne nous étonnons donc pas s'il y avait un couvent, près des champs où la caravane établit ses tentes. Un certain moine, Bahîrâ, regarda de son couvent la colonie temporaire, et s'étonna du sage comportement de ses voisins, ce qui était rare chez de tels visiteurs.

Il les invita à un repas (Ibn Hichâm. p ll5-117.), probablement dans un but pieux de prosélytisme.

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Commentaires (12)

1. Sheikh Lounceny CONDE 17/06/2017

ALLAH-HOUMA-SALI ALLAH MUHAMMAD WA ALLAH A ALI MUHAHAMMAD WASSALIM.
QU'ALLAH AZZAWAJAL L'AGREE ET TOUS SES COMPAGNONS ET FIDELES. AMINE !!!!!!

2. kadyja gningue 28/10/2015

macha alla

3. mo 02/04/2015

tu as fait beaucoup de faute il y a des chose incomplète

4. almoraabit (site web) 29/03/2014

de rien ! Que Dieu te protège !

5. hajar 29/03/2014

cet article m'a appris beaucoup de chose merci

7. almoraabit (site web) 05/10/2012

AMINE

8. DIA 05/10/2012

Allah-houma-sali allah mohammad wa allah a ali mohammad wassalim.
QUE DIEU L'AGRES ET TOUT SES COMPAGNONS ET FIDELS. AMEN!

9. adjia soda sopé ahmad 16/09/2012

Eus key rassoul allah, merci Ar rahmane d'avoir crée cet être unique

10. ndeye fatou thiam (site web) 17/02/2012

macha allahou

11. 11/02/2012

BARAKALLAHOU FIK !

12. copine (site web) 11/02/2012

il est trop bien ce site barakoulah ou fik

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